18 juin 2024

Lorsque l’université d’Oxford a réalisé en 2013 l’étude sur les conséquences de l’automatisation, une stupeur générale s’est manifestée en lisant la conclusion que la profession d’expert-comptable avait 95 % de chances de disparaitre d’ici 20401.
De l’eau a coulé sous les ponts depuis, mais des questionnements subsistent : est-il toujours pertinent de se lancer dans l’expertise comptable ? Quels sont les facteurs qui la mettent en danger aujourd’hui ? Qu’est-ce qui va changer la donne ? Bref, le métier d’expert-comptable est-il sans avenir ?

Oui, si la baisse de rentabilité ne s’arrête pas

Bien qu’il reste aujourd’hui des cabinets encore très rentables, ce n’est plus un constat général. En effet, l’effet combiné des charges fixes continuent d’augmenter, et de l’inflation des salaires (proportionnelle à la rareté des candidats) contribuent grandement à la détérioration de la rentabilité des cabinets. L’impact des déclarations de TVA préremplies grâce à la facture électronique va très probablement accentuer cette tendance : avec un chiffre d’affaires encore réalisé à 60/70 % grâce aux missions traditionnelles, le statu quo n’est plus envisageable. Sans compter que beaucoup de chefs d’entreprise ne trouvent plus de valeur dans le réglementaire et que les offres à prix cassés tirent les prix des missions traditionnelles vers le bas.

Oui, si le train de l’ère digitale n’est pas pris maintenant

Pour répondre aux contraintes précédemment citées, l’automatisation s’impose comme la meilleure solution. En effet, le choix d’implémenter l’intelligence artificielle dans la production comptable du cabinet est une réponse directe aux nouveaux entrants (low-cost, banques, etc.) qui en ont fait leur arme de guerre, et c’est bien sur l’IA et le Big Data que comptent ces disrupteurs pour continuer à prendre des parts de marché…

C’est à votre tour – experts-comptables – d’apprendre sans tarder à tirer le meilleur des outils métiers développés avec de l’IA, capables d’améliorer sans cesse le service rendu en apprenant de leurs erreurs – le fameux machine learning. Encore faut-il choisir le chemin le plus approprié pour son cabinet et sa clientèle. Et surtout, faire évoluer ses process et son organisation du travail en conséquence, en ne perdant en route ni collaborateurs ni clients.

J’en profite pour faire une parenthèse sur les solutions Cegid qui sont encore trop souvent perçues comme élitistes, chères ou réservées à des cabinets de grande taille. Certes, nous sommes très fiers de compter parmi nos clients de très grands cabinets tels que KPMG, Mazars ou encore PKF Arsilon (et qui ont choisi de se développer avec Cegid Loop).
Mais la très grande majorité de nos clients sont des cabinets comptant 4,5 ou 6 collaborateurs et qui nous ont très souvent fait confiance dès leur installation en bénéficiant de l’offre que leur réserve le CJEC. Un des plus beaux retours d’expérience que j’ai pu avoir est d’ailleurs celui de Régis GOUAZOU du cabinet Revalen qui résume parfaitement l’apport de l’IA et de Cegid Loop dans son quotidien : “Avec l’automatisation, le travail change : moins de saisie, davantage de contrôle. Le côté ennuyeux disparait, et Cegid Loop me dégage du temps pour sécuriser mes travaux et mieux accompagner mes clients au quotidien”.

Oui, si la formation n’est pas un levier pour la transformation digitale

La formation constitue une condition nécessaire de la transformation de la profession comptable. Avec un marché en tension extrême, les cabinets ne peuvent pas s’appuyer sur le recrutement pour tirer leurs services vers le haut. Or vous ne pourrez pas être le/la seul.e à produire des conseils et des missions spéciales.
La demande croissante de la part des clients forcerait à travailler encore plus, pendant que l’automatisation ferait baisser l’activité des collaborateurs ! Le tout sans que la valeur patrimoniale en profite, intuitu personae oblige.
La seule voie possible est donc de former ses équipes pour emmener le périmètre de leurs missions vers l’explication, la proposition, le conseil, et à améliorer leur capacité de management d’un assistant virtuel – l’intelligence artificielle. Un projet de longue haleine, à construire avec méthode… et à commencer dès le lancement de son activité.

Non : le cabinet ne meurt pas, il se transforme !

En 2020, Antoine de RIEDMATTEN, président d’In Extenso, déclarait : “Notre rôle va clairement évoluer vers des tâches de contrôle et de conseil et aller vers une offre full services”. Le mouvement est engagé. Il passe par la libération du temps consacré à la collecte et à la saisie, pour l’investir dans des travaux mieux valorisés. Encore faut-il avoir la bonne stratégie pour préparer son cabinet à cette transformation.

De plus en plus de cabinets ont décidé d’automatiser la tenue des comptes, avec des résultats sensationnels en termes de reconnaissance et d’affectation. L’IA accélère la révision. La data visualisation permet d’éclairer les entrepreneurs avec des tableaux de bord lisibles et adaptés à leur activité. Et de nombreux services SaaS mettent en capacité d’offrir, sans ressaisie, des services comme la gestion des notes de frais, le juridique, ou l’assurance-crédit.

De quoi devenir l’expert-comptable que vous avez rêvé d’être…

The future of employment: how susceptible are jobs to computerisation? Carl Benedikt FREY et Michael A.OSBORNE, 17 septembre 2013

Sylvère DUQUENNE • Head of Marketing campaigns chez Cegid

1. The future of employment: how susceptible are jobs to computerisation? Carl Benedikt FREY et Michael A.OSBORNE, 17 septembre 2013

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