Quelles seront les conséquences de la réforme des retraites pour les jeunes experts-comptables ? | ANECS

Quelles seront les conséquences de la réforme des retraites pour les jeunes experts-comptables ?

Dans le cadre du dernier Congrès de l’Ordre des experts-comptables, la caisse a organisé une conférence pour présenter les impacts qu’aurait la mise en place du système « universel » des retraites pour les professionnels du chiffre. Le grand amphithéâtre « bleu » du Palais des congrès de la Porte Maillot, à Paris, était plein à craquer le 25 septembre 2019. Pourtant, peu de jeunes y ont participé. Pourtant la réforme des retraites proposée par Jean-Paul Delevoye aura de forts impacts pour les jeunes experts-comptables. Nous avons rencontré le Président de la Cavec, Jean-Claude Spitz, pour qu’il nous en dise plus.

Que pensez-vous du rapport de Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire en charge de la réforme des retraites ?
Jean-Claude Spitz, président de la CAVEC : « La réforme proposée par Jean-Paul Delevoye conduira inéluctablement à une hausse des cotisations et à une baisse des pensions pour les experts-comptables, ainsi que pour beaucoup d’autres professions ».

Y aura-t-il des conséquences pour les jeunes experts-comptables ?
Jean-Claude Spitz, président de la CAVEC : « Oui. Il y aura un double impact pour les jeunes experts-comptables.
Un impact à court terme : les taux de cotisation envisagés (1) vont se traduire par une hausse importante des cotisations de retraite. Ce seront les jeunes confrères qui seront le plus pénalisés. Ceux qui perçoivent 40 000 euros de revenus professionnels par an vont devoir verser 3 428 euros de cotisations de plus par rapport à aujourd’hui, soit 11 248 € au lieu de 7 820 €. Soit 43 % de hausse ! Et en début d’activité, il est impossible de pouvoir faire face à de telles charges.
Un impact à long terme : les jeunes experts-comptables vont se constituer moins de retraite que leurs aînés car le taux de rendement technique du futur régime universel se situerait à moins de 5 % selon le rapport Delevoye, alors que le taux de rendement technique actuel du régime complémentaire de la CAVEC s’élève à 8,71 % (pour un départ à la retraite à taux plein à 65 ans). reprenons l’exemple d’un expert-comptable qui aurait des revenus de 40 000 € pendant toute sa carrière. Dans le régime actuel, à 65 ans, il aura cotisé 273 700 € pour une pension annuelle de 21 936 €, alors que dans le futur régime il devrait cotiser 393 680 € pour une pension de 19 481 €.
En d’autres termes, les experts-comptables qui débutent leur carrière vont payer plus de cotisations pour toucher moins de retraite ! »

 
Que proposez-vous ?
JC Spitz : « Dans le cadre de Pro Action Retraite, l’association que nous avons créée avec quatre autres caisses de professions libérales (dentistes et sages-femmes, pharmaciens, notaires, vétérinaires) nous proposons un système à trois piliers : un premier - « le régime universel » - constitué d’un régime de retraite de base commun à tous les assurés et limité à un PASS (environ 40.000 euros de revenus annuels) ; un deuxième qui laisserait subsister les régimes de retraite complémentaire propres à chaque profession, et un troisième représentant les régimes facultatifs de retraite supplémentaire par capitalisation. »

Quel est votre message aux experts-comptables et futurs experts-comptables ?
JC Spitz : « On constate que les concertations avec le Haut-Commissariat n’ont jusqu’ici pas pris en compte les observations qu’ont pu faire les experts-comptables et plus généralement les professions libérales. Il n’y a aucune approche pour intégrer les spécificités de carrière de ces professionnels, ce que nous demandons. Alors je conseille aux jeunes experts-comptables et futurs experts-comptables de suivre l’actualité de la réforme des retraites et si les institutions de la profession et celles des professions libérales se mobilisent et bien, il faudra également qu’ils n’hésitent pas à se mobiliser. »

(1) Pour les travailleurs non-salariés (dont les professions libérales) le taux de cotisation serait de 2,81 % au titre de la solidarité générale, c’est-à-dire non contributif de droits sur la totalité du revenu net auxquels s’ajoutent 25,31 % sur les revenus professionnels jusqu’à un PASS (environ 40 000 euros) et 10,13 % sur les revenus compris entre un et trois PASS (de 40 000 à 120 000 euros) !