Avenir de la profession : Sylvie ROULLE et Farouk BOULBAHRI aux jeunes élus de l’ANECS | ANECS

Avenir de la profession : Sylvie ROULLE et Farouk BOULBAHRI aux jeunes élus de l’ANECS

Lors du Conseil national ANECS qui s’est tenu les 3 et 4 mars dernier à Nice, Sylvie ROULLE, Présidente de la commission administrative des Alpes Maritime / CROEC PACA et Farouk BOULBAHRI, Président de la CRCC de Aix Bastia sont intervenus auprès des 47 élus de sections ANECS.

Tous deux, très heureux de nous accueillir dans leur belle région, ont commencé par remercier les membres de l’ANECS Côte d’Azur Corse et tout particulièrement Alexandre HINI, président et Thomas BOAGLIO, Chargé de mission et Vice-Président du Bureau exécutif national pour les actions et manifestations de la section ainsi que pour leur accompagnement dans la mission « d’évangélisation » des étudiants sur l’intérêt du métier ainsi que pour le temps qu’ils donnent à la profession.

Ils ont également salué la forte participation des élus ANECS à ce conseil. S’impliquer dans la profession est source d’échanges bénéfiques, de lieu de formation et d’évolution, de construction de son réseau.

 

Évolution et avenir de la profession

Sylvie ROULLE rappelle que le métier a été créé en Mésopotamie, qu’il a évolué au fil des millénaires et qu’il va continuer à se transformer. De la partie double de Lucas Pacioli en 1414 à l’ordonnance de 1945 en passant par la société de comptabilité française qui regroupe pour la première fois les libéraux et les salariés en 1881 puis le Conseil des experts-comptables de Paris pour les libéraux en 1912 le métier évolue. Il ne peut pas disparaitre car la comptabilité est la retranscription de l’économie.

Toutefois, l’évolution technologique actuelle pose question même si elle est déjà entamée depuis plusieurs années déjà avec la mise en place d’éléments tels que Jedéclare.com. par exemple. Aujourd’hui, qu’il s’agisse de blockchain, de crypto monnaie ou encore d’intelligence artificielle, notre métier sera toujours de savoir appréhender, retranscrire et analyser l’information. L’utilisation d’outils pour réaliser les taches à faible valeur ajoutée est une bonne chose et ne veut pas dire que nous allons disparaitre. Les clients ne sont plus prêts à payer pour la saisie comptable. Ces nouveaux outils vont nous permettre d’évoluer vers le conseil et de le facturer

Le déclaratif est un mal nécessaire. Les honoraires sur cette partie n’évolueront pas. Le client demande que l’expert-comptable soit présent et réactif sur les évolutions quotidiennes. L’expert-comptable est au cœur de l’information. Face à cette masse de données, notre métier va être de savoir sécuriser, analyser et contrôler ces données puis d’affiner et personnaliser l’analyse en fonction des problématiques de notre client.

Les jeunes professionnels, en tant que digital native vont aider les cabinets à s’adapter en formant les collaborateurs mais aussi les managers qui sont plus âgés.

 

Enjeux du Commissariat aux comptes

 

Farouk BOULBAHRI poursuit cette intervention se remémorant qu’il a relancé la section ANECS Cote d’Azur lorsqu’il était stagiaire avec Jérôme AMIRAT et Alain ISRAEL.

Le Conseil de la CRCC d’Aix Bastia est composé de 22 élus et se place en 3e position après les CRCC de Paris et Versailles.  

Le sujet qui anime toute la profession est l’annonce de Bruno Lemaire qui a évoqué la suppression du CAC dans les PE devant un parterre de chefs d’entreprises à Colmar. Il semblerait qu’il s’agisse d’un effet d’annonce plus qu’autre chose, nous dit Farouk BOULBAHRI. « Pour autant, il faut prendre cette annonce très au sérieux car nous vivons une transition à tous les niveaux et sur notre métier en particulier. Il est certain que les seuils vont bouger. La question de savoir où ils vont se situer est le véritable enjeu entre les 3 à 10 M d’€ évoqués ainsi que la chaine de contrôle et qui pourraient entrainer la perte de 150 000 mandats. »

L’IGF a reçu les représentants de la CNCC à BERCY. Il ressort clairement des différentes entrevues que le commissaire aux comptes doit repenser son mode d’exercice au sein des petites entreprises pour adapter l’audit et mettre en application la proportionnalité. Farouk attire l’attention du conseil sur la fait que « les professionnels adoptent une démarche trop technique et très comptable. De ce fait, bien souvent nous restons centrés sur notre technicité sans faire valoir notre utilité et notre valeur ajoutée ». Créer un climat de confiance, être à l’écoute du chef d’entreprise, montrer que l’on sécurise et atteste l’information, montrer l’intérêt du contrôle interne, anticiper et communiquer sur notre valeur ajoutée auprès des dirigeants et des service comptables sont des enjeux majeurs pour la bonne évolution du métier.

Il faut appréhender l’évolution des seuils comme une opportunité et s’approprier les nouveaux risques de fraude – cybercriminalité, RGPD, blockchain, etc. - qui sont autant de nouveaux champs d’intervention de l’auditeur et sensibiliser le chef d’entreprise sur les vulnérabilités des systèmes d’information. L’institution, de son côté, doit former les jeunes à ces nouveaux risques de fraudes.

Farouk BOULBAHRI, a ensuite félicité les membres du conseil de leur première implication dans les institutions. « Votre engagement à l’ANECS est très important. L’institution dont vous allez prendre possession dans quelques années vous appartient ! Soyez proactifs. En parallèle, soyez exemplaires dans votre comportement avec les règles et la déontologie ».

 

Sylvie ROULLE et Farouk BOULBAHRI ont conclu en nous incitant à être fiers de notre métier, de ce que nous faisons et de ce que nous sommes !

 

Farouk BOULBAHRI est le rapporteur de Assises des 29 et 30 novembre 2018 à Marseille et promet aux adhérents de l’ANECS un tarif plus que privilégié. Notez la date dès à présent.