Sandra Mekam, préparation du stage à New-York Episode 2 | ANECS

Sandra Mekam, préparation du stage à New-York Episode 2

Nous vous proposons de découvrir, sous forme de feuilleton, le parcours d’un expert-comptable stagiaire qui fait le choix de l’international.

Sandra Mekam Kamto, 26 ans, en fin de première année de stage a choisi de partir pour New-York par souhait personnel mais aussi en raison d’une opportunité professionnelle inattendue.

Après sa présentation de la situation (Sandra Mekam, préparation du stage à New-York), découvrez ce qui constitue ses premières expériences.

Lors de nos derniers échanges, vous étiez en train de finaliser les modalités de votre départ. Où en êtes-vous aujourd’hui ? Avez-vous pu respecter le calendrier que vous aviez en tête ?

Sandra Mekam : Cela fait un peu plus d’un mois que j’ai commencé à travailler à New-York.

Pour pouvoir habiter et travailler aux Etats-Unis, il faut arriver avec un visa incluant un permis de travail. Pour avoir ce fameux visa, il faut une société qui vous sponsorise et donc il est plus simple de se faire recruter depuis la France et ensuite d’enclencher tout le processus administratif car les visas de travail pour les Français et résidents français sont uniquement délivrés à l’ambassade des Etats-Unis à Paris.

Dans mon cas, c’est exactement ce qui s’est passé. Au détail près que le processus de recrutement s’est entamé à New-York car je m’y trouvais inopinément.

Avec 185 types de visas différents, il peut sembler fastidieux d'entrer aux USA, d'autant qu'une petite erreur peut entraîner un refus net d'accès, voire même une interdiction de revenir sur le sol américain. Tout mon dossier a donc été monté et suivi par une avocate mandatée par le nouvel employeur. Au total, entre la date de la promesse d’embauche et l’obtention de mon visa à l’ambassade, il s’est écoulé quatre mois soit un mois de plus que ce que j’avais anticipé.

Je conseille donc fortement de tenir compte de ce délai, qui est rarement inférieur à trois mois, avant de donner vos divers préavis (ancien employeur, appartement, etc.).

Comment se sont passées votre arrivée et votre installation aux États-Unis ?

Une fois le visa et le permis de travail obtenus, j’ai sauté dans le premier avion pour débuter mon aventure new-yorkaise.

Il faut savoir que New-York est la ville américaine où le coût de la vie est le plus important. Il faut donc prévoir un budget assez conséquent au moment de l’installation. De plus, pour espérer y vivre décemment, il faut soit avoir un très bon salaire ou sinon, être assez débrouillard !

Les deux principales démarches à l’arrivée sont : imprimer le bordereau I-94 qui atteste de votre situation régulière sur le sol américain, et se rendre à la sécurité sociale pour obtenir son Security Social Number. Vous en avez besoin pour ouvrir un compte en banque, passer le permis de conduire, obtenir une carte d’identité et se faire verser son salaire par l’employeur.

Côté logement, il est assez difficile, voire quasiment impossible, de s’installer seul avec un bail à votre nom ; d’une part à cause des prix exorbitants et d’autre part à cause des garanties demandées (salaire élevé, caution, références bancaires).

En revanche, avec les bons documents, ouvrir un compte bancaire aux Etats-Unis n’est pas très difficile. Vous recevrez rapidement une carte de débit. Attention, les banques américaines n’autorisent pas les découverts. Sachez que lors d’un achat avec une carte de débit, vous devrez avoir les fonds nécessaires.

Il vous faudra ensuite montrer patte blanche pour obtenir le « Saint Graal » : la carte de crédit. En effet, les Américains accordent une grande importance au « credit history », historique de votre capacité à rembourser les prêts, qui sert à déterminer le montant de vos futurs emprunts.

 

Comment se passe votre intégration dans votre cabinet ? Qu’en est-il des missions, du cadre de travail et des interactions avec vos collaborateurs ?

J’ai intégré le cabinet en pleine période fiscale donc j’ai tout de suite été plongée dans le bain.

L’attribution des dossiers avait été préparée en amont, ainsi, la passation s’est faite naturellement.

En raison des deadlines liées aux déclarations fiscales, l’atmosphère était assez fébrile. Néanmoins, mon intégration s’est très bien passée.

Mes collègues sont de toutes origines : française, américaine, chinoise, russe… En fonction de l’origine de l’interlocuteur je suis amenée à travailler soit en anglais soit en français. Concernant les missions, j’appréhendais le changement. En France, j’avais principalement réalisée des missions d’audit et d’évaluation d’entreprise et vraiment très peu de missions propres à l’expertise-comptable (tenue comptable, révision, déclarations fiscales).

Au final, la transition s’est très bien passée et je pense que toute personne ayant une formation comptable solide peut aisément s’adapter. En effet, en comparaison avec la France, la comptabilité et la fiscalité sont beaucoup moins normées aux Etats-Unis. 

 

D’un point de vue du langage, vous appréhendiez plutôt l’accent de vos interlocuteurs, comment se sont passés vos premiers échanges avec les clients ?

La clientèle du cabinet est en majorité constituée d’entreprises françaises qui ont des filiales et succursales aux Etats-Unis. En général, les échanges avec les clients se font en français pour les dossiers sur lesquels je suis l’unique interlocutrice du client et que celui-ci est francophone.

En revanche, dès lors que nous sommes plusieurs à intervenir, les échanges écrits et oraux se font systématiquement en anglais.

Ainsi, mis à part l’adaptation à l’accent prononcé de quelques collègues non natifs, dans l’ensemble, ce n’est pas tellement problématique. 

 

Comment situez-vous votre formation d’expert-comptable au regard du cursus de CPA ?

Il faut savoir que si vous aspirez à travailler de manière durable aux Etats-Unis, il vaut mieux passer le uniform CPA exam car nos diplômes français sont souvent incompréhensibles pour les employeurs sauf si vous postulez pour de grands groupes internationaux qui ont des services RH dédiés.

En termes de difficulté, je pense que le cursus pour obtenir le DEC est plus fastidieux que l’équivalent américain. En effet, en France l’obtention du DSCG élimine une bonne partie des candidats alors qu’aux Etats-Unis, les prérequis pour passer l’examen ne sont pas si lourds.

Pour décrocher le CPA, il faut :

1) avoir suivi un certain nombre d'heures dans les matières « compta-gestion » (« requirements ») ;

2) passer les quatre examens : audit, contrôle de gestion/finance, comptabilité et taxes ;

3) avoir l'expérience requise pour décrocher la licence (3 ans en moyenne). On peut avoir le diplôme mais sans la licence on ne peut pas exercer en nom propre sinon il s’agit d’exercice illégal, puni par la loi. Avoir le CPA exam sans la licence équivaut plus ou moins à être diplômé du DEC sans être inscrit à l’Ordre.

De plus, il faut savoir qu'il y a un examen par état et que pour chaque état, les « requirements » sont différents. Il faut donc choisir à l’avance l'état dans lequel on souhaitera exercer. Pour cela, il n'y a qu'une méthode : éplucher consciencieusement le site de chaque état pour connaître les prérequis. Ensuite, il faut soumettre son dossier dans l'état choisi, en ayant pris soin de faire traduire sa présentation par un traducteur officiel. Ces deux démarches sont payantes. Le délai d’examen de votre dossier sera plus long que pour un candidat américain car les équivalences requises devront être étudiées.

Une fois l’accord du comité reçu, on peut s'inscrire aux examens. Chaque examen dure entre 2h30 à 4h30. Ce sont des QCM plus une ou deux simulations, sur ordinateur. Les frais d'inscription sont d'environ 150 $ par examen.

Pour se préparer, vous devrez bien sûr vous procurer des ouvrages pour lesquels il faudra compter entre 400 et 2 500 $. Ce sont des livres d'entrainement spécifiques aux examens et non pas des livres de cours.

Ayant décidé de passer le CPA exam, j’ai choisi l’option cours en présentiel plus support papier et en ligne via un organisme reconnu. Les frais sont assez importants (environ 4 000 $) mais je préfère les cours en présentiel avec des professeurs à qui je peux poser des questions et des collègues avec qui je peux réfléchir et échanger plutôt que de travailler seule chez moi.

Vous pourrez trouver en ligne un comparatif des divers organismes préparant au CPA.

 

Pour plus d’informations sur le diplôme CPA, je vous invite à vous rendre sur le site : https://www.nasba.org/exams/cpaexam/