L’expert-comptable, pilier des start-up | ANECS

L’expert-comptable, pilier des start-up

L’expert-comptable est reconnu pour ses compétences dans les domaines de la comptabilité et de la fiscalité.

Néanmoins, il dispose également de compétences variées notamment en gestion de projets, finance d’entreprise, construction juridique… Les start-up ont besoin dès leur lancement de toutes ses compétences. Comment aider l’avenir de notre économie nouvelle génération ? Quand intervenir ? Quels sont les outils dont doivent disposer les professionnels pour ces missions ?

 

Une nouvelle galaxie

L’économie d’aujourd’hui est poussée par des milliers d’idées qui deviennent pour certaines des sociétés innovantes et pour quelques-unes des supers novas dans le cosmos des start-up. La France est reconnue pour être une fabrique à start-up : des sociétés innovantes visant un développement très rapide et une recherche de fonds. Les start-up représentent une économie pleine de ressources, d’espoirs et de créativité. Néanmoins ces créateurs sont souvent perdus dans la construction de leur projet. Ils ont besoin de soutien, d’un entourage dans lequel ils peuvent avoir confiance. La réussite d’un projet dépend de l’équipe, des talents qu’elle peut réunir. L’expert et son large champ de compétences ne lui serait-il pas utile ? S’impliquer dans cette démarche permet d’apporter la contribution de la profession d’expert-comptable à toute cette économie fleurissante, c’est offrir une mission éthique.

 

Construire le besoin de financement d’une étoile naissante, les stratégies de la start-up

Pour effectuer cet accompagnement, il faut pouvoir mettre en place différentes stratégies : une stratégie marketing, commerciale, managériale, économique, financière et juridique. L’expert-comptable est présent pour accompagner dans ces trois derniers points. Mais il doit aussi apporter un éclairage sur les autres stratégies à appliquer. Pour construire toutes ces stratégies, l’homme est la clé du projet. Ce dernier doit correspondre au créateur, à ses ambitions et à ses convictions. Les stratégies à appliquer sont le reflet du start-upper. Une fois les premières stratégies définies, un business model convaincant arrêté, il est possible de définir un besoin de financement correspondant à la philosophie du projet. Plus le montage sera proche du profil de l’inventeur plus il sera séduisant pour les partenaires. Le business plan devient une étape obligatoire pour conforter la viabilité du projet et surtout ses prétentions financières.

Le but reste de voir grandir cette étoile qui n’est qu’à son début, pour ceci il faut pouvoir séduire des investisseurs.

Financer son amorçage, un enjeu pour beaucoup. Comment financer une start-up ? Nous connaissons les aides publiques qui peuvent servir de tremplin mais si nous nous intéressons au secteur privé, deux classes se rencontrent : d’un côté, les investisseurs raisonnables, raisonnés et, de l’autre, l’inverse. Aujourd’hui les banques font parties de la première classe avec la création d’offres pour les sociétés innovantes. Nouveau, elles créent aussi des fonds d’investissements similaires aux sociétés de financement. L’enjeu est de les attirer pour investir sur les start-up  accompagnées. Les autres investisseurs réagissent aux coups de coeur et à des pulsions d’investissements encore incomprises.

 

La séduction des investisseurs

Une fois les stratégies établies, il faut concrétiser le besoin de financement. L’accompagnement fait par le professionnel va amener le créateur à vendre son projet. Tout l’enjeu est de le rendre attractif afin d’obtenir le plus de propositions de partenariat. Pour séduire son auditoire, la règle est simple : être concis. Le but étant de présenter un support clair comportant peu de séquences.

Un schéma simple est à observer, décrire les points clés de son projet : l’activité, le business model, les connections avec le marché, une stratégie commerciale et marketing affichée et des projections financières en adéquation aux points précédents.

Si possible, il faudrait finir par une proposition d’investissement valorisée. Le but étant de présenter la recherche de financement en répondant à ces questions : quoi, quand, qui, comment et combien ?

L’expert-comptable va donc donner les clés à son client pour savoir “pitcher”. Le pitch correspond à cette présentation synthétique du projet.

Attention, l’homme doit rester au coeur du dossier donc l’expert-comptable est un acteur dans l’ombre de son client.

L’enjeu est d’aboutir sur des négociations avec les investisseurs afin de pouvoir accéder aux fonds attendus.

 

Mise en place de cette mission éthique : un enjeu pour la profession

C’est une mission qui est attendue par les start-uppers. Mais elle présente un risque : celui de voir la levée de fonds échouer, forçant le créateur à stopper son projet. Pourquoi alors accepter ce type de mission ? Une mission de ce type permet de valoriser l’apport de compétences de l’expert-comptable. Par conséquent, elle présente une rémunération à la hauteur de l’accompagnement. Mais il est essentiel de vouloir se couvrir contre ce risque.

Deux axes sont à étudier pour le maîtriser : l’acceptation de la mission et les outils déontologiques dans la mise en oeuvre de la mission du professionnel.

Accepter toutes les sollicitations représente un danger : encore beaucoup trop de projets restent au stade d’idées car ils ne reposent sur aucune base commerciale avérée. Accepter ou ne pas accepter : telle est la question ! Il est important d’identifier sa capacité à accompagner ce type de projet. Mais comment accepter d’accompagner un homme avec une idée qui ne connait pas encore son marché ? C’est le propre des marchés innovants qui créent l’offre avant la demande.

Trois cas possibles :

»» un coup de cœur, le professionnel dispose d’une confiance telle en l’idée qu’en l’absence de critères objectifs, il souhaite faire partie de cette aventure ;

»» un marché en émergence, le créateur a déjà entamé des démarches commerciales qui permettent de valider les premiers euros de chiffres d’affaires et laisse entrevoir une demande qui corresponde à l’offre ;

»» un marché inconnu et une idée mal appréhendée, aucune démarche commerciale n’a été faite ou elles sont très hasardeuses. L’expert-comptable connait déjà sa réponse : accepter n’est plus un choix !

Si la phase de l’acceptation est passée, le professionnel devra protéger sa mission avec différents outils déontologiques que sont les lettres de missions, les comptes rendus et les rapports de fin de mission. Pour ce faire, il est utile de développer un arsenal d’outils qui permettront de cadrer et d’encadrer la mission d’accompagnement pour une levée de fonds.

 

La relation gagnant-gagnant

S’engager dans l’accompagnement de start-up est un processus long mais aussi très gratifiant. Le start-upper confiera son idée, ses projets à l’expert-comptable en toute confiance. Une relation sincère pourra s’établir. Fidéliser, c’est aujourd’hui un objectif que souhaite réaliser les experts-comptables pour générer avec leurs clients une relation durable. Se lancer dans l’accompagnement de l’économie nouvelle génération est aussi un renouveau pour la profession d’expert-comptable qui manque actuellement de reconnaissance et de fidélité avec sa clientèle.