Le Comité Outre-Mer du CSO travaille à sa manière à l’attractivité de la profession | ANECS

Le Comité Outre-Mer du CSO travaille à sa manière à l’attractivité de la profession

Ancien Président du CROEC de La Réunion, Marcelino BUREL dirige un cabinet d’une quarantaine de personnes, comportant 4 sites répartis du nord au sud de l’île. Il est investi dans la vie de la cité à travers son rôle de Vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESER) depuis 2018.

Le Comité Outre-mer que vous présidez a fait son apparition tout récemment au niveau des instances de la profession, quel est son objectif ?

Avec ce Comité, tout à fait nouveau dans le paysage du Conseil supérieur de l’Ordre, j’ai souhaité installer une culture de l’Outre-Mer au sein même des instances de l’Ordre.

Cette ambition soutenue par le Président du CSO, Charles-Réné TANDE, passe par une certaine forme de fédération des Conseils Régionaux d’Outre-Mer afin d’assurer une représentativité optimale de nos territoires au sein de la politique globale de la profession tout en garantissant connaissance du terroir et cohérence avec le pilotage du CSO.

Avec pour finalité de se mettre au service des intérêts des professionnels exerçant en Outre-Mer, nous avons choisi de concentrer nos premiers axes de travail sur des actions transversales parmi lesquelles je peux citer deux objectifs majeurs qui pourraient intéresser au plus haut point nos jeunes candidats à la profession d’expertise comptable, à savoir :

  • impulser une dynamique de marketing territorial des Outre-Mer ;

  • fixer les jeunes compétences et rendre la profession attractive.

Pour un jeune qui souhaite se lancer dans la profession, en quoi la profession domienne serait-elle attractive ?

J’aurais tendance à dire que nous avons en final l’avantage de nos inconvénients. En effet si notre principal inconvénient tient au fait de l’éloignement par rapport à la métropole et à l’étroitesse de nos marchés, son pendant c’est que l’exercice de la profession dans les DOM présente un certain nombre de singularités qui en fait toute sa richesse.

Tout d’abord il me parait nécessaire de rappeler que nos territoires d’Outre-Mer sont des territoires dynamiques avec un taux de croissance du PIB supérieur à celui de la métropole, présentant ainsi un fort potentiel de développement pour la profession, constaté depuis plusieurs années.

Ensuite, avec un tissu économique diversifié, les jeunes collaborateurs ont rapidement l’opportunité de travailler sur des dossiers de toutes tailles et de toutes natures (de l’hôtel “du coin” à la compagnie aérienne régionale en passant par l’industrie agroalimentaire ou encore les start up relevant du champ de l’innovation soutenu par un Crédit d’Impôt Recherche à 50 % versus 30 % en métropole).

Un troisième point qu’il me parait important de souligner, c’est que notre insularité conduit à des structures d’exercice à dimension humaine dont l’organisation favorise à la fois :

  • une meilleure proximité avec le maître de stage ;

  • une prise de responsabilité rapide avec une forte polyvalence ;

  • un accès privilégié à des dossiers importants.

Par ailleurs, il n’échappe à personne le fait que l’Outre-Mer recèle de multiples curiosités fiscales et sociales propices à des travaux d’études, de réflexions et d’optimisations.

Pour s’en convaincre il suffit de consulter les Mémentos qui y consacrent systématiquement des exposés à part entières.

Enfin et dans une certaine mesure, j’oserai affirmer que l’atout d’un parcours en Outre-Mer est que cela peut parfaitement s’assimiler à une forme de parcours à l’international tout en restant en périmètre franco-français avec de multiples possibilité de missions sur les territoires voisins (mobilité dans la zone Océan Indien et dans la zone Caraïbes). En effet, cette expérience peut amener un complément qualitatif sur un C.V se traduisant pas la capacité à se remettre en cause et à faire face aux changements.

A vous écouter il faudrait s’y lancer sans plus attendre !

La réponse est nuancée. Il faut bien comprendre que le fait de se projeter en Outre-Mer n’est pas une décision simple et que bien souvent, au-delà d’un projet professionnel cela peut prendre l’allure d’un projet de vie.

Aussi, il convient de ne pas sous-estimer :

  • la distance géographique par rapport à la métropole ;

  • l ’éventuelle difficulté pour le conjoint de trouver un emploi tout aussi passionnant que ceux offerts par la profession ;

  • la cherté de la vie dans nos territoires ;

  • et dans une moindre mesure les inconvénients climatiques (chaleur et ensoleillement).

Ces objectifs que vous avez décrits se sont-ils déjà traduits concrètement ?

Pour y parvenir nous n’avons pas hésité à provoquer des temps de rencontres avec les jeunes.

Cela a démarré en octobre 2019 en partenariat avec la société HAYS et poursuivis en décembre 2019 avec l’ANECS Ile-de-France. Ces 2 temps forts ont été l‘occasion pour nos Présidents de Conseils Régionaux de l’Ordre de présenter leurs territoires dans un exposé sans tabou et pour les invités de lever leurs doutes et satisfaire leurs questionnements.

Bien entendu, 2020 sera l’occasion de consolider cette dynamique et pourquoi pas aller plus loin, lors du Congrès national de l’Ordre des experts-comptables qui se tiendra à Bordeaux, en organisant des séances de job dating. Je vous en laisserai la surprise…

Pour conclure, je reprendrais volontiers à l’attention de vos lecteurs, notre slogan auquel je tiens : “Avec les Départements d’Outre-Mer, augmentez le champ des possibles !”