Un nouveau président IFEC : Christophe PRIEM | ANECS

Un nouveau président IFEC : Christophe PRIEM

L’ANECS et le CJEC ont pour objectif d’informer leurs adhérents sur l’environnement professionnel, son actualité, ses enjeux. Un nouveau président vient d’être lu à la tête de l’un des deux syndicats d’experts-comptables. Nous l'avons rencontré.

Christophe PRIEM, vous venez d’être élu à la présidence de l’IFEC. Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel et institutionnel ?

J’ai obtenu le DESCF 1997 avec l’Intec, le DEC en 2000 et ai créé en octobre 2000 mon cabinet à Blois (41). Aujourd’hui le cabinet compte 15 collaborateurs et nous sommes deux associés. Je respecte la parité car je suis associé avec une jeune consoeur (35 ans) qui a les mêmes conditions d’exercice que moi que cela soit en terme de détention et rémunération au sein du cabinet.
Notre cabinet est indépendant appartenant à un groupement technique SYNERGA. Le cabinet exerce une activité traditionnelle mais avec une activité CAC représentant 25 % de son activité.

Sur le plan institutionnel, j’ai été président de la section IFEC Orléans de 2009 à 2012, contrôleur principal du stage de 2009 à 2012 et adjoint à la communication au CRO d’Orléans puis président du CRO d’Orléans de 2013 à 2016.
Commissaire Général en 2016 du Congrès National des experts-comptables à Bruxelles, j’ai été élu au CSO en 2017, d’abord en charge de la commission stratégie et action publique de 2017 à 2018, puis en charge depuis 2019 du comité de mise en oeuvre de la loi Pacte.
Vice-président national de l’IFEC en charge du CSO depuis 2017 puis premier vice-président depuis mon investiture le 24 septembre 2019, j’ai pris mes fonctions en tant que président IFEC le jeudi 6 février 2020.

 

Vous êtes élu pour 3 ans. Quels sont les grands axes de votre mandat ?

Je souhaite mener une politique claire et réfléchie dans laquelle, toutes les consoeurs et tous les confrères, pourront se retrouver, s’investir et être fiers d’en porter et d’en déployer les idées. Je tiens donc à m’engager, à fédérer et communiquer.

Fédérer toutes les formes d’exercices et toutes les tailles de cabinet. Nous exerçons le même métier et nous nous posons les mêmes questions. L’IFEC est un lieu de débat, d’écoute et de propositions.

Fédérer les femmes et les hommes, les talents et les compétences qui sont les forces vives de notre syndicat.

L’IFEC, constitue aussi un remarquable maillage territorial de proximité avec des adhérents, actifs ou retraités, qui font vivre au quotidien nos 28 sections et notre syndicat.
Fédérer donc en menant une politique participative et je me réjouis du partage d’idées, du partage d’expériences, du partage de points de vue, du partage d’analyses !
En cela, toute personne motivée, bienveillante et prête à défendre les intérêts de notre profession, sera toujours la bienvenue à l’IFEC.

Communiquer sur la politique que nous mènerons ensemble, auprès des adhérents mais aussi plus largement auprès des consoeurs et confrères.
Sans oublier l’importance de notre voix auprès de nos instances, de nos tutelles, de notre gouvernement qu’il faut en permanence entretenir et valoriser.
Mais nous saurons garder s’il le faut avec la fermeté qui s’impose notre liberté de paroles

Fédérer et communiquer sont donc deux dynamiques syndicales que je compte développer à l’IFEC pour nous donner les moyens de nous affirmer, de défendre nos intérêts et d’innover.

Mais être président d’un syndicat est bien plus que cela !
C'est rendre service, affronter et construire ensemble sans crainte, l’avenir !

Nous devons, pour cela, poursuivre et consolider l’IFEC dans son rôle d’Institut, véritable Think-Tank.
L’IFEC fonctionne suivant un modèle dynamique, accueillant des contributeurs – occasionnels ou permanents – suivant les thématiques traitées. Ce sont ainsi des groupes de travail qui se créent, produisent, se mettent en sommeil, échangent de nouveau, se mobilisent, rédigent un texte, un communiqué, un livret, organisent une soirée débat, un temps de formation… selon l’actualité.

Les nombreuses actions de l’IFEC contre la réforme des retraites en sont un exemple concret.
Ils sont des lieux de réflexion et de veille des tendances les plus adaptées aux attentes des nouvelles générations et aux exigences de compétitivité et de performance des cabinets. Ils sont ouverts et ont besoin de tous pour enrichir leurs échanges et partager, c’est l’ADN de notre Institut.

L’idée est de permettre à chacune, à chacun de s’y retrouver et ainsi décider où agir avec la thématique qui l’anime !

Je pense, bien sûr, aux concepts initiés par la précédente mandature, sous l’impulsion de Denis BARBAROSSA, qu’il nous faut déployer :

»» Des parcours de spécialisation au sein de l’IFOR,

»» Un financement à la mesure du développement des cabinets ;

»» Des Form’actions pour construire le cabinet de demain en accompagnant stratégiquement et opérationnellement la profession ;

»» Un partenariat Pôle Emploi / IFOR pour répondre aux attentes de nos consoeurs et confrères en termes de recrutement et maintenir ainsi notre rôle d’ascenseur social ;

»» Notre plateforme d’e-learning Experts-LAB pour devenir un acteur majeur de la formation en ligne ;

»» Développer l’interprofessionnalité ;

D’autres projets seront à débattre et à mettre en place :

»» Un CFA dédié à notre profession ;

»» Accompagner la transformation digitale des cabinets par l’acquisition de compétences orientées analyse conseil et traitement de données pour continuer à être le partenaire privilégié du dirigeant ;

»» Se moderniser, trouver des canaux de développement et de communication adaptés et novateurs ;

Notre environnement bouge, nous devons être là où on nous attend ! Nous ne sommes légitimes que si nous sommes utiles !

Enfin, cette première année de mandature est un peu particulière et s’annonce très chargée.

En effet, nous avons procédé à l’élection d’un nouveau Bureau National lors du Conseil syndical du 7 février dernier, puis nous aurons comme tous les deux ans notre Congrès à Saint-Malo les 2 et 3 juillet 2020, et nous aurons également à faire campagne pour les élections à la CNCC et les élections au CSO.

Comme vous pouvez le constater, nous n’allons pas nous ennuyer en 2020 ! Et j’aborde cette mandature avec enthousiasme et détermination au service de la profession !

 

Comment imaginez-vous l’avenir de la profession dans les 10 années à venir ?

Notre profession est en pleine mutation, disruption et l’on constate que tout s’accélère.

D’un point de vue législatif, la profession a été malmenée avec la loi PACTE avec notamment le relèvement des seuils pour les commissaires aux comptes, mais celle-ci permettra aux experts-comptables de pouvoir développer de nouvelles missions avec notamment le mandat de paiement et le mandat de recouvrement amiable, les honoraires de succès et enfin les compétences spécialisées.
A chacun de s’adapter et de s’accaparer ces nouvelles missions pour permettre à son cabinet de se développer.

D’un point de vue numérique, les experts-comptables sont concernés à double titre : pour leur propre cabinet, mais aussi pour leurs clients. Nous devons tous revoir notre modèle, définir une nouvelle stratégie, entrer dans une démarche de dématérialisation généralisée et de connexion à notre environnement pour rechercher le meilleur usage de la donnée. Il convient de capter l’information le plus en amont possible pour la faire circuler, l’enrichir, l’exploiter, la restituer.

La transformation numérique doit être perçue comme une opportunité magnifique pour les cabinets, afin de faire évoluer leur offre de services, et d’être plus utiles à leurs clients.

A ce titre, l'intelligence artificielle nous permettra des gains de productivité afin de consacrer plus de temps à nos clients, les remettre au coeur de nos cabinets, leurs proposer une palette de nouvelles missions à forte valeur ajoutée.

Il s’agit un tournant positif et bénéfique pour notre profession amenant à un nouveau type de cabinet, ouvert et riche dans son offre de services.
Vous l’aurez compris, je ne suis pas trop inquiet quant à l’avenir de notre profession.

Elle a toujours su évoluer et s’adapter aux changements de notre société. Elle restera toujours dynamique et à la pointe des évolutions technologiques et sociétales, afin de bien conseiller les entreprises.

Concernant l’attractivité, nous pensons que les efforts devraient en premier lieu être faits auprès de ceux qui ont déjà choisi la profession pour les fidéliser : - intérêt des missions confiées, -rémunérations comparables à celles que l’on peut trouver en entreprise, - horaires raisonnables. Seriez-vous prêt à porter ce discours auprès de vos adhérents ?

En effet, une enquête de Fed Finance réalisée auprès de 1 500 candidats travaillant dans des cabinets d’audit, de conseil et d’expertise comptable, énumère quelques critiques telles qu’un salaire peu attractif comparé au nombre d’heures, une charge de travail trop importante, l’absence de reconnaissance…

Par conséquent, les relations avec les institutions représentatives des jeunes de notre profession, l'ANECS et le CJEC doivent être étendues et récurrentes. Nous devons écouter leurs attentes, besoins et visions de la profession.

Je les invite à nous rencontrer pour en discuter et travailler avec eux autour de ces sujets importants pour l’attractivité de notre profession et éviter le turn-over que nous subissons.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui entre dans la profession et qui démarre ?

Tout d’abord c’est un métier passionnant et gratifiant par la confiance que nous accordent nos clients. Ensuite c’est une activité très diversifiée. Nous travaillons pour des structures de taille et de secteurs d’activité très différents : PME, TPE, ETI, start-up, association, artisan, commerçant, agriculteur…

Par ces aspects variés de notre métier et en tant que Président de l’IFEC, j’invite les jeunes à nous rencontrer pour partager la confraternité. En effet, notre Institut constitue un réseau de consoeurs et confrères avec qui ils peuvent tisser des liens, partager des expériences, échanger, débattre, insuffler de nouvelles idées, une vision en participant aux nombreux événements de proximité qu’organisent nos 28 sections IFEC régionales ou sein de nos groupes de travail, en prenant des responsabilités au sein de nos sections.
En aucun cas, il ne doit s’isoler !

Pour conclure, nous avons une responsabilité vis à vis de nos consoeurs, de nos confrères, celle d’être à leur écoute, de les accompagner, de les servir, de les représenter et de les défendre.

Cette responsabilité est collective par la synergie dont nous faisons preuve au sein de notre syndicat. Cette responsabilité est aussi individuelle par l’engagement de chacun des élus de l’IFEC.

 

L’Institut est administré par un conseil Syndical composé de membres titulaires.

Le conseil syndical est composé de trois collèges :

Le collège des membres du Bureau national (15)

Le collège des membres du comité stratégique (24)

Le collège des représentants de section

Le collège des représentants de section comprend :

- Les Présidents de section (28),

- Pour les sections comportant plus de 50 membres à jour de leur cotisation nationale, un représentant supplémentaire par tranche complète ou incomplète de 100 membres à jour de leur cotisation nationale.

Ces représentants supplémentaires sont désignés par leur section pour un an. Ils sont rééligibles trois fois.

 

PRESIDENT NATIONAL

ET PREMIER VICE-PRESIDENT NATIONAL

Lors de la dernière année du mandat du Président et au plus tard le troisième jeudi de novembre, le Conseil syndical élit, selon des critères définis par le règlement intérieur et par vote à bulletin secret, soit parmi ses membres, soit parmi les autres membres titulaires de l’Institut, le Premier vice-président national.

Le Premier vice-président national est membre de droit du Bureau national et du Comité stratégique durant l’année précédant son accession à la présidence.

Le Premier vice-président accède automatiquement à la présidence le premier jeudi du mois de février de l’année qui suit son élection à l’issue d’un discours de politique générale et de la présentation du Bureau national devant le conseil syndical. Le mandat de président national est d’une durée de trois ans.

 

BUREAU NATIONAL

Lors de son accession à la présidence de l’Institut, le Premier vice-président présente le Bureau dont il compte s’entourer. Ce Bureau comporte au minimum un secrétaire général, deux vice-présidents et un trésorier.

Le nombre maximum de membres du Bureau est limité à quinze. La nomination des membres du Bureau est collectivement soumise à l’approbation du Conseil syndical.

Elections nationales ECF

Au moment où nous rédigeons ces lignes, les élections ECF n’ont pas encore eu lieu.

Une interview du nouveau président sera publiée prochainement.