Focus sur de nouvelles formes d’installation | ANECS

Focus sur de nouvelles formes d’installation

Si la création ex nihilo a le vent en poupe depuis plusieurs années maintenant, on constate ces derniers temps, l’émergence de nouvelles formes d’installation s’appuyant sur un réseau adapté à leur profil.

Rencontre avec Laëtita VAUTHIER et Julien POUPELARD qui ont fait le choix d’un exercice indépendant accompagné.

 

Quel est votre parcours ?

Laëtita VAUTHIER : A la sortie de l'Université, j'ai rejoint un grand cabinet d'audit dans lequel j'ai travaillé pendant 8 ans. C'est pendant cette période que j'ai obtenu le DSCG et le DEC tant convoité ! J'intervenais essentiellement sur des missions de commissariat aux comptes, mais mon désir de faire de l'expertise comptable était de plus en plus présent. Cependant, il faut avouer que “passer de l’autre côté” n’est pas si simple, surtout au sein de cabinets aussi structurés.

Julien POUPELARD : Pour ma part, mon parcours est classique. J’ai dans un premier temps fait mon stage dans un cabinet de la région Montpelliéraine d’une dizaine de collaborateurs. J’ai obtenu mon diplôme en 2017, j’ai alors été contacté par un cabinet qui cherchait à remplacer un associé parti depuis deux ans. J’ai accepté cette nouvelle aventure, je suis devenu associé et co-gérant au bout d’un an dans ce cabinet.

 

Quand avez-vous fait le choix de l’exercice libéral ? Et quand avez-vous intégré les marques que vous portez aujourd’hui dans votre stratégie d’installation ?

Julien POUPELARD : L’idée d’être mon propre patron a toujours été viscéral pour moi. Après mon expérience en tant qu’associé d’un cabinet, c’était une évidence : il fallait que je crée ma structure. Je voulais m’installer mais pas partir de rien. Amarris a facilité mon installation par son offre de franchise et par son ADN. Ça a été la pièce manquante à mon puzzle.

Laëtita VAUTHIER : Une fois le DEC en poche, comme de nombreux fraîchement diplômés, je me suis demandé : Et après ? La route était encore longue avant de pouvoir m’associer dans mon cabinet actuel et je n’étais pas sûre d’en avoir vraiment envie. Mon avenir n’était pas là.
Deux principaux aspects m’attiraient dans le fait de créer mon cabinet : l’indépendance et le challenge. J’ai écarté le rachat de cabinet car je n’avais pas envie d’acheter quelque chose qui à mon sens pouvait être “gratuit” et le challenge me paraissait encore plus grand !
C’est donc l’année qui suit l’obtention du diplôme que j’ai choisi de me lancer dans la grande aventure qu’est l’entrepreneuriat !
Pour être honnête, je ne me voyais pas être totalement seule, compte tenu notamment de l’évolution de la profession. Rapidement, mon objectif a été d’intégrer un réseau.

 

Comment se sont passés les premiers contacts ? Qu’est-ce qui vous a séduit ?

Laëtita VAUTHIER : Nous sommes en juillet 2008 et je me renseigne donc sur les différents réseaux d’experts-comptables. Un jour, en naviguant sur LinkedIn, je suis tombée sur le post d’un de mes contacts qui félicitait une consoeur pour sa réussite assez exceptionnelle en tant qu’expert-comptable indépendante, bien qu’elle soit issue de l’audit. Je me suis immédiatement reconnue dans ces derniers mots, moi qui me lançait un double challenge : l’installation et le passage de l’audit à l’expertise comptable. J’ai donc contacté cette personne via le réseau social. J’ai été très emballée par nos premiers échanges téléphoniques et elle m’a proposé de suivre une présentation du réseau Viseeon. 4 mois après j’ouvrais mon cabinet et j’adhérais au réseau !

 

Julien POUPELARD : J’ai rencontré Amarris au Congrès de l’Ordre des experts-comptables à Paris en 2019. Nous avons par la suite échangé par téléphone et mails. Nous nous sommes donc mutuellement sondés sur notre “compatibilité”et vision du métier. Puis, je suis allé à Nantes deux jours pour découvrir le groupe et la franchise. Ce qui m’a séduit, c’est d’être indépendant avec ses avantages mais également avoir un groupe innovant derrière moi qui allait me permettre de proposer des services à mes clients avec la sérénité d’un groupe. J’ai l’intime conviction que l’expertise comptable est un métier où il ne faut pas s’isoler. Je peux également sous-traiter une partie des missions avec des collaborateurs spécialisés. Ils portent la même marque que mon cabinet, ça change tout dans l’image véhiculée aux clients. Je me libère l’esprit et du temps pour d’autres missions ou pour le développement de mon cabinet.

 

Quels sont les modalités d’adhésion ? Quel budget annuel ? Pour quels apports ?

Laëtita VAUTHIER : Pour adhérer au réseau, il convient de déposer une candidature après avoir suivi une présentation complète. Lorsque la candidature est validée, nous signons un contrat et avons accès à tous les services dans les 48 h. Il n’y a pas de durée minimale d’engagement, ni droit d’entrée à verser, ni participation dans le capital. L’entrée dans le réseau se fait par parrainage. Un parrain ou une marraine nous accompagne tout au long de notre aventure dans le réseau.

Le réseau m’apporte notamment : - l’accès à différents services que l’on pourrait retrouver dans un grand cabinet : IT, communication, juridique… - des formations, notamment sur la prospection commerciale, - des outils à des tarifs préférentiels, mais également des technologies innovantes développées par le service IT, - le partage de missions, comme par exemple la possibilité de faire appel au service paie d’un confrère du réseau.

En termes de coûts, nous avons le choix entre plusieurs packs d’outils allant de 100 à 300 € mensuels. Il faut ajouter un pourcentage du chiffre d’affaires qui permet de participer à la rémunération de tous les services que l’on ne pourrait pas financer en étant seul, ainsi que l’accompagnement du parrain. Par ailleurs, nous avons la possibilité d’être rémunéré en accompagnant nous-même des experts-comptables vers la réussite.

 

Julien POUPELARD : Il y a dans un premier temps une période de découverte réciproque entre vous et Amarris pour vérifier des deux côtés si on partage la même philosophie du métier. Puis, si les conditions sont réunies, on officialise nos engagements par la signature d’un contrat de franchise.

Il y a des frais d’entrée dans la franchise et une redevance à payer sur son chiffre d’affaires qui correspond aux services qu’apporte le groupe. Le groupe prend en charge la partie informatique et communication. Cela permet également d’acquérir toute l’expérience du groupe dans les process et le relation client. Enfin, vous pouvez, à la carte, sous-traiter le juridique et la paie.

 

Le petit plus ? Le petit moins ?

Laëtita VAUTHIER : Le petit plus ? Pour ma part c’est sans hésiter, le partage et l’entraide entre confrères et consoeurs ! Les échanges d’idées et d’expériences entre experts-comptables du réseau sont très enrichissants et ont participé au développement de mon cabinet. Par ailleurs, j’ai eu la possibilité de faire appel aux compétences de confrères spécialisés dans des domaines que je maîtrisais peu, et vice-versa. Comme l’adage le dit si bien : ensemble on va plus loin !

Julien POUPELARD : Le petit plus, on véhicule une seule image pour nos clients. Les clients sont rassurés de savoir qu’ils ont les avantages de la proximité et les services que peut proposer un plus gros cabinet. Le petit moins, les logiciels métiers sont imposés par Amarris, il faut donc prévoir du temps au démarrage pour se former à l’utilisation de nouveaux outils. Mais c’est cohérent et indispensable pour pouvoir s’appuyer sur le groupe dans les fonctions support tel que l’informatique.

 

Il est bien évidemment trop tôt pour évaluer les cabinets créés dans les conditions décrites ici mais les positifs retours d’expérience recueillis laissent à penser que d’autres jeunes confrères seront attirés par ces nouvelles formes d’exercice indépendant accompagné. De nombreuses questions restent toutefois en suspens comme par exemple, l’appartenance de la clientèle ou encore les modalités pour quitter le réseau.

Questions auxquelles les CJEC tentera de répondre dans son rôle d’information de ses adhérents.