Certification Great Place To Work : opportunité pour les cabinets ? | ANECS

Certification Great Place To Work : opportunité pour les cabinets ?

Le cabinet GEODE Conseils, situé en Rhône Alpes, a obtenu le label Great Place to Work en mars 2018. Bien-être au travail, mutation du management dans les cabinets d’expertise comptable, souhait d’innover, autant de raisons qui ont poussés les associés dont Olivier MAZERAN, associé fondateur et ancien Vice-Président du CJEC Rhône-Alpes à tenter l’aventure GREAT PLACE TO WORK, une aventure portée par l’ensemble du cabinet GEODE Conseils. Retour avec Laura MORFIN, chef de mission chez GEODE Conseils, diplômée en 2018 et ancienne Présidente de l’ANECS Rhône-Alpes sur cette belle expérience !

 

Certification Great Place To Work : opportunité pour les cabinets ?

La certification Great Place To Work® labellise les entreprises sur la qualité de vie au travail. Celle-ci a été créée en 1992 par deux journalistes new-yorkais. Le modèle est aujourd’hui présent dans 60 pays et repose notamment sur une méthodologie unique.

 

Quelle est donc cette méthodologie ?

La certification couple deux outils d’évaluation : le Trust Index©et le Culture Audit©.

Le Trust Index© est un questionnaire à destination des collaborateurs. Celui-ci est complété en ligne de façon anonyme et confidentielle. Il regroupe 73 questions pour la plupart fermées autour de 5 thématiques : la crédibilité, le respect, l’équité, la fierté et la convivialité. Voici quelques exemples de questions posées : Le management est-il accessible, ouvert au dialogue ? Les nouveaux collaborateurs sont-ils bien accueillis ? Dans cette entreprise, le travail est-il rémunéré à sa juste valeur ?

Le Culture Audit© consiste quant à lui à présenter les pratiques de l’entreprise autour des 9 leviers d’actions identifiés pour la qualité de vie au travail que sont : recruter et accueillir, inspirer, communiquer, écouter et impliquer, remercier, faire évoluer, porter attention, célébrer et pour finir, partager. Le dossier est complété par l’entreprise et est étayé par des documents annexes démontrant la véracité des éléments décrits. Une note est attribuée par l’équipe Great Place To Work® à chaque question en tenant compte des 5 critères suivants : variété, originalité, inclusivité, générosité et intégration des pratiques

 

Quelles entreprises peuvent être certifiées ?

Toutes les entreprises, quelles que soient leurs activités ou leurs tailles, peuvent candidater. Il faut cependant noter que la mise en oeuvre est plus compliquée dans les très petites structures car les résultats du Trust Index© ne sont transmis à l’entité que lorsqu’il y a plus de 5 réponses. La certification n’est accordée

qu’aux entreprises qui obtiennent un taux minimum de réponses positives au Trust Index de 70 % (entreprises de moins de 500 salariés) ou 66 % (plus de 500 salariés) et au moins 30 sur 60 au Culture Audit. Etant précisé que la certification Great Place to Work n’est valable qu’un an.

Une note globale est également attribuée, le Trust Index comptant pour les deux tiers et le Culture Audit pour un tiers de la note. Les entreprises ayant obtenu les meilleures notes dans leur catégorie (classement en fonction de l’effectif) figurent alors dans le Palmarès et obtiennent le label Best Workplaces.

Sur l’année 2018, 304 entreprises ont candidaté, 158 ont obtenu la certification et 97 figurent au Palmarès.

 

Pourriez-vous nous dire pourquoi vous avez entrepris cette démarche de certification au sein du cabinet ?

D’abord, il est important de préciser que les associés du cabinet se sont toujours attachés à veiller au bien-être des collaborateurs avant même que le concept de qualité de vie au travail connaisse l’essor que l’on observe depuis quelques années, cela se traduisant par la mise en place d’un certain nombre d’actions au fil des années. Nous sommes convaincus que le bien-être au travail est un point essentiel pour le fonctionnement du cabinet et sa performance, la richesse de nos cabinets résidant dans les femmes et les hommes qui les composent.

C’est grâce à un client qui venait d’être certifié que nous avons découvert Great Place To Work® et la méthodologie liée. Cette demande de certification est apparue comme une véritable opportunité pour le cabinet.

En effet, cette démarche allait nous permettre d’identifier et de lister l’ensemble de nos actions managériales dans le Culture Audit et surtout, d’avoir le retour des collaborateurs sur ces pratiques et ainsi, savoir si celles-ci correspondaient à leurs attentes.

Après cette phase de collecte, tout l’intérêt de la démarche était pour nous de pouvoir analyser ses éléments pour mettre en évidence d’un côté les points positifs et de l’autre les axes d’amélioration dans le but de les travailler pour progresser.

Enfin, cette certification apparaissait également comme un facteur objectif de différenciation pour attirer et recruter des talents.

 

Comment s’est déroulée la certification pour GEODE CONSEILS ?

Le dossier du Culture Audit a été réalisé sur le mois de décembre 2017 et l’enquête auprès des collaborateurs a eu lieu du 8 au 19 janvier 2018. La démarche a été expliquée en amont à tout le cabinet pour qu’il y ait un maximum de participation et d’adhésion.

Après traitement des éléments, nous avons été heureux et fiers d’obtenir la certification en mars 2018 avec un taux de réponses des collaborateurs de 94 % et une note globale de 81 %.

Ces notes nous ont permis de figurer à la 19e place du Palmarès France 2019 dans la catégorie des entreprises de moins de 50 salariés.

Cette certification n’a pas été l’aboutissement de la démarche, elle a été, au contraire, un moyen d’insuffler un nouveau souffle dans nos pratiques et nous a donné envie d’aller encore plus loin.

 

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Comme je l’ai dit précédemment, au-delà de l’état des lieux, l’objectif était de mettre en évidence les axes de progrès pour ensuite bâtir un plan d’action pour évoluer. Cela a également été l’occasion de mettre en oeuvre une nouvelle stratégie de management, en rupture avec les organisations hiérarchiques traditionnelles, en intégrant de façon beaucoup plus importante les collaborateurs dans les réflexions et en les responsabilisant. Pour cela, nous avons utilisé de nouveaux concepts, notamment l’intelligence collective.

La restitution de l’enquête Great Place To Work a ainsi été le premier exemple de ce changement de management. Lors de cette réunion, nous avons présenté les résultats de l’enquête à toute l’équipe et les axes de progrès identifiés (scores les moins élevés) ont été exposés aux collaborateurs qui ont, dans le cadre d’un brainstorming en équipe, proposé des solutions d’amélioration.

Cette première étape a conforté notre volonté de développement d’un nouveau style de management et depuis, nous avons mis en mouvement ce changement en axant celui-ci sur l’intelligence collective. Cela se traduit par l’organisation d’actions diverses : brainstorming, brainwriting, Think Tank interne… pour réfléchir ensemble à des sujets variés et non limités : analyse et optimisation de nos process, évolution de nos missions, développement des actions en faveur de l’écologie…

 

Vous parlez d’intelligence collective, de quoi s’agit-il ?

L'intelligence collective représente la capacité intellectuelle d'une communauté d'individus. Celle-ci est issue des interactions entre ses membres, permettant d'effectuer des tâches complexes grâce aux synergies réalisées.

Elle permet de comprendre le sens de l’action collective (compréhension collective, réflexion collective, décision collective) et de tisser des liens au sein de l’équipe (action collective, autonomie et synergies, confiance et entente) et se combine à l’intelligence.

 

Comment ce nouveau style de management a été perçu au sein du cabinet ?

Nous manquons encore de recul pour faire un bilan mais l’ensemble de l’équipe semble adhérer au concept, certainement à des degrés différents. La participation dans les ateliers de brainstorming est volontaire et constructive, de belles idées émergent et nous encouragent à poursuivre ce type d’actions.

Bien évidemment, cela demande un investissement et un niveau de responsabilité différents pour les collaborateurs par rapport à une organisation plus verticale. Ainsi, ce management peut paraitre plus exigeant mais également plus valorisant.

L’importance est donc ici d’expliquer la démarche à tous, de lui donner du sens, d’être à l’écoute et d’avancer pas à pas pour que nous réussissions, ensemble, à adopter complétement ce nouveau style de management.

 

Dans vos objectifs, vous évoquiez également un critère de différenciation par rapport aux autres cabinets lors des recrutements, cela est-il le cas ?

Oui et non… en fait, nous avons remarqué une nette différence selon les typologies de poste. Pour les profils “non comptables”, la différenciation est clairement ressentie. Nous avons reçu un certain nombre de candidatures spontanées dès la publication du Palmarès 2019 par exemple. Cela n’est pas le cas pour les

profils “comptables”, nous n’avons pas vraiment d’explications, juste des suppositions ; peut-être que cette certification est moins connue dans notre activité, peu de cabinets sont en effet certifiés ; peut-être que les candidats sont moins réceptifs ou restent dubitatifs sur l’aspect du bien-être au travail.

 

Quelques mots pour conclure… Une prochaine certification en vue peut-être ?

Pour poursuivre notre démarche et pour avoir un retour sur les actions menées depuis la dernière certification, il nous semble en effet logique de renouveler prochainement l’expérience.

Et vous l’aurez compris, cela nous permettra certainement de constater, je l’espère, des éléments positifs mais aussi des axes de progrès qui seront à travailler et ainsi de suite…

S’il ne fallait retenir qu’une chose, je dirai qu’il est, selon moi, indispensable de faire évoluer nos cabinets en intégrant cette notion de qualité de vie au travail. Celle-ci pour de multiples raisons : veiller au bien-être de nos équipes, rendre la profession plus attractive, permettre à nos structures d’être plus agiles et performantes.